La limite (…) est volontaire. Elle est posée par un acte libre de l’homme, une décision qui ne s’impose ni par une contrainte objective ni par suite des résultats d’une action. La limite, c’est ce que l’homme décide de ne pas outrepasser. Il y a alors un jugement qui n’est ni de nécessité ni d’utilité.
Cette décision de poser une limite fait partie de cet artificiel qui est spécifique de l’homme, mais un artificiel qui tend à mesurer, à limiter l’action envahissante ou dangereuse de cet homme.

(…) Cette question de la limite, alors que des humains préparent aujourd’hui un voyage sur Mars, que d’autres rêvent d’homme augmenté, que des sociétés investissent des milliards pour évacuer la mort, se pose aujourd’hui comme hier. Si c’est sans doute le propre de l’humain de toujours en vouloir plus et de se surpasser lui-même, c’est aussi plus que jamais à lui d’interroger cette course folle d’un désir sans frein. Ellul le répète : la limite ne peut être imposée ni par la nature, ni par Dieu ou une quelconque force extérieure, mais bien par l’humain capable de s’auto-limiter.

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