Au fur et à mesure que la situation matérielle du salarié s’améliorait et que son mode de vie gagnait en confort, il se laissait tenter par la dépravation matérialiste, il était progressivement contraint d’aimer le système économique qui lui offrait tous ces plaisirs ; peu à peu il en venait à adapter son esprit aux mécanismes de l’économie capitaliste, pour finalement succomber aux charmes que la rapidité des changements et l’augmentation considérable des quantités mesurables exercent irrésistiblement sur presque tout le monde. Une pointe de patriotisme — la fierté de savoir que les États-Unis devançaient tous les autres peuples sur la voie du “progrès” (capitaliste) — renforçait à la base son esprit commerçant en le transformant en homme d’affaires sobre, calculateur et dépourvu d’idéal, tel que nous le connaissons aujourd’hui. Et toutes les utopies socialistes d’échouer à cause du rosbif et de la tarte aux pommes.

https://www.monde-diplomatique.fr/2019/06/CASTLETON/59978