Simone Weil rentre chez Alsthom et écrit en 1935 le Journal d’Usine, (...) phénoménologie de la non-pensée inhérente au travail, qui a pour but de décrire l’anesthésie de celui qui travaille.

(...) « Mon expérience de l’an passé me permet peut-être d’écrire de manière à alléger un peu le poids des humiliations que la vie impose jour par jour aux ouvriers de Rosières, comme à tous les ouvriers des usines modernes. Ce n’est pas là le seul but, mais c’est, j’en suis convaincue, la condition essentielle pour élargir leur horizon. Rien ne paralyse plus la pensée que le sentiment d’infériorité nécessairement imposé par les atteintes quotidiennes de la pauvreté, de la subordination, de la dépendance. La première chose à faire pour eux, c’est de les aider à retrouver ou à conserver, selon le cas, le sentiment de leur dignité. »

(...) « Non seulement que l’homme sache ce qu’il fait – mais si possible qu’il en perçoive l’usage – qu’il perçoive la nature modifiée par lui. Que pour chacun son propre travail soit un objet de contemplation. »

Simone Weil : une philosophe-reine à l’usine, par Paul Colrat. [Journée Simone Weil]

NB: Simone Weil ne doit pas être confondue avec la femme politique Simone Veil.