Les gourous de la tech multiplient les propositions de « New Deal » pour affronter les conséquences sociales destructrices de l’IA (Le Monde)
(…) Les gourous de l’IA ont été très tôt conscients des problèmes sociaux soulevés par leur technologie. La bascule est nouvelle : jusqu’à présent, les géants de la tech croyaient à la destruction créatrice de richesse, théorisée par l’économiste autrichien Joseph Schumpeter (1883-1950), mais l’IA entraîne, à les écouter, une rupture inédite. Bill Gates proposait de taxer les robots dès 2017. « A l’heure actuelle, si un travailleur humain effectue l’équivalent de 50 000 dollars [42 500 euros] de travail dans une usine, ce revenu est imposé. Si un robot arrive pour faire la même chose, on pourrait penser que nous taxerions ce robot à un niveau similaire », avait déclaré le fondateur de Microsoft. Trop tôt pour être entendu, alors que la planète ignorait la révolution à venir.
Mais depuis, les patrons de l’AI, notamment Sam Altman et Dario Amodei, ont réfléchi au sujet, même si cela ne les empêche pas de se livrer une guerre sans merci pour dominer l’IA. Ils mettent en gardent contre les risques de leurs innovations, tout en les imposant brutalement sur le marché et en créant des entreprises au pouvoir inédit. La nouveauté réside dans les idées sociales qu’ils promeuvent, qui ne sont pas neuves en Europe, mais le sont au pays de la tech.
L’idée fondamentale est que la croissance va exploser, mais que le travail va devenir rare, affecté à des tâches humaines peu lucratives, comme l’aide à domicile, tandis que le capital, dont le rendement est considérable aux Etats-Unis, va rapporter encore plus. Il faut donc affecter ces gains du capital au travail de manière la plus juste et financer l’Etat social. (…)